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Edouard Laferrière

1841 - 1901

Avocat, fils d'un professeur de droit administratif à la faculté de Paris, Edouard Laferrière est tout d'abord avocat au barreau de Paris et journaliste, opposant libéral au régime autoritaire de Napoléon III. Son engagement dans la vie publique et son sens de l'action sont des traits profonds de son caractère.

Nommé maître des requêtes et commissaire du gouvernement dans la commission provisoire qui remplace le Conseil d'État en 1870, il est confirmé dans ses fonctions lorsque le Conseil d'État est remanié par la loi du 24 mai 1872.

Un temps directeur général de l'administration des cultes, Edouard Laferrière est nommé président de la Section du contentieux après l'épuration que subit le Conseil d'État, en 1879. Sept ans plus tard, il en devient le vice-président, pour douze ans et demi, jusqu'à sa désignation, en juillet 1898, comme gouverneur général de l'Algérie, avant d'être enfin nommé procureur général près la Cour de cassation, en 1900.

S'inscrivant dans une lignée de "magistrats-professeurs", entré au Conseil d'État au moment où l'institution se voyait reconnaître une compétence juridictionnelle entière, chargé de cours de droit administratif à l'école des Ponts-et-chaussées puis à la faculté de droit de Paris, Edouard Laferrière est l'un des fondateurs du droit administratif moderne.

Son "Traité de la juridiction administrative et des recours contentieux" (1887; réédité en 1989) fut pendant plus d'un demi-siècle l'ouvrage de référence en matière de contentieux administratif : il y dégage les principes, les règles générales contenues dans la jurisprudence rendue, et les ordonne selon des classifications encore en vigueur aujourd'hui.

Sa pensée, les inflexions qu'il contribua à donner à la jurisprudence du Conseil d'État, ses efforts pour étendre les compétences de l'institution en matière législative témoignent des préoccupations de la nouvelle génération républicaine, celle qui dut, à partir des années 1880, poursuivre la défense des droits individuels, pour laquelle elle avait lutté sous le Second Empire, tout en permettant à la République de s'enraciner : favoriser l'action de l'administration tout en en limitant les excès, la contrôler tout en lui accordant les privilèges et prérogatives nécessaires à son exercice. C'est pour une grande part dans la recherche de cet équilibre délicat que le droit administratif de "l'âge d'or" ouvert par Laferrière s'est développé.

 

© Tableau de Laurent Auberge de Garcins. Photo copyright Caroline Rose

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